Mise en place d’un espace d’observation des politiques, des usages en matière de TIC et d’interface entre acteurs
Piste de proposition
La mise en place d’organismes « d’interface » permettrait une meilleure coordination entre les acteurs du tiers secteur et les instances de décision européennes et nationales.
Il s’agit d’imaginer un nouveau type de structures et de lieux, fédérant des « réseaux de réseaux » et permettant la libre discussion avec les pouvoirs publics.
Ces nouvelles structures, présentes dans les différents pays européens et coordonnées en réseau devraient constituer tout à la fois :
un observatoire des usages sociaux ;
un centre d’analyse et d’études prospectives sur les impacts sociétaux des TIC ;
une instance de conseil et d’expertise pour la décision publique.
Leurs tâches pourraient s’articuler autour des axes suivants :
recueillir et échanger toutes pratiques concernant la valorisation sociale et citoyenne de ces technologies ;
mener un travail de réflexion approfondi sur les impacts de ces technologies sur la citoyenneté, la culture, l’emploi, l’exclusion, l’environnement, la santé, la formation, le travail, la monnaie, la consommation, le service public, etc. ;
évaluer en termes de facilités d’usages (ergonomie des interfaces, simplicité cognitive, aide en ligne, pertinences des fonctionnalités, configuration exigée, etc.) les TIC à destination sociale ;
publier, diffuser et mettre en débat les conclusions de ces recherches car la responsabilisation des citoyens, dans ce domaine, suppose une connaissance, une conscience du caractère déterminant des choix à faire, et du pouvoir d’action sur ces choix ;
traduire en textes politiques les enseignements ainsi acquis en prenant soin d’intégrer cette politique à l’échelle européenne, nombre de questions réglementées par l’État relevant dès à présent de la politique européenne.
Contexte
Les États ont encore une approche trop bureaucratique et insuffisamment politique des questions liées aux TIC. Ils en viennent à oublier, qu’en même temps que les enjeux technologiques, il nous faut penser la société que l’on désire construire. Car il ne s’agit pas uniquement de réglementer la diffusion et l’usage de technologies mais de concevoir une nouvelle dimension du progrès technique qui interagit avec une nouvelle société, une nouvelle représentation du monde et une autre culture générale. Les impacts sociétaux potentiels des TIC sont bien plus considérables que les réglementations nécessaires au développement des usages d’Internet ; et dans la plupart des cas, on ne sait rien de ces impacts - et l’on oublie trop souvent que c’est au politique d’orienter la conception comme l’usage des technologies et non d’adapter un cadre réglementaire et législatif pour colmater les effets pervers de la technologie.
Un tel réseau de lieux ouverts, pensés à l’échelle européenne, permettrait de répondre à ce manque de vision sur les rapports technologies/sociétés et de nourrir la réflexion politique des pratiques portées par les acteurs du tiers secteur. En effet, le monde associatif, ainsi que les autres acteurs de l’économie sociale et solidaire, touchent une frange très représentative de la population (45 % de la population française de plus de 15 ans appartient à une association) et brasse une économie très importante. À ce titre, ils représentent une « courroie de transmission » et un levier d’une grande efficacité.
©© Vecam, article sous licence creative common


Réflexion et propositions
4/ Impact social des technologies de l’information
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