Loi renseignement : un entretien avec Valérie Peugeot dans Libération

Reprenant les réflexions de Vecam sur l’importance d’un travail citoyen concernant l’internet, Valérie Peugeot, Présidente de Vecam répond aux questions de Guillaume Gendron dans Libération

- voir aussi l’intervention de Valérie Peugot à la matinale de France culture

 Marius Watz, licence CC by-nc-sa, https://www.flickr.com/photos/watz/4258263803/
Decode 078 Troika : Digital Zoetrope par Marius Watz
Marius Watz, licence CC by-nc-sa, https://www.flickr.com/photos/watz/4258263803/

La loi sur le renseignement constitue à l’heure actuelle une menace des plus importantes sur les libertés publiques. Or les citoyens restent passifs devant la mise en place d’un système de surveillance de masse. Comment l’expliquer ?

C’est autour de ces questions que Guillaume Gendron, journaliste de Libération a interrogé Valérie Peugeot, Présidente de Vecam et Vice-Présidente du Conseil national du numérique.

Quelques extraits des réponses de Valérie Peugeot.

À part quelques associations isolées et très mobilisées, l’ensemble des corps intermédiaires – les politiques, les ONG, les syndicats – est aux abonnés absents dès qu’il s’agit de technologie.

Les politiques et les médias sont capables de débattre d’enjeux aussi complexes que la fin de vie. Il n’y a donc pas qu’une question de compétence mais aussi l’absence d’une volonté d’apprivoiser ces questions et d’y intéresser les citoyens.

Quand on voit ce projet de loi, on constate qu’on est clairement plus dans l’électoralisme que dans la recherche d’équilibre.

Pour pouvoir développer leurs modèles économiques basés sur la pseudo-gratuité et la revente des données collectées, ces derniers ont mis en place des infrastructures qui rendent possible la logique de surveillance. Et de fait, ils ont insensibilisé les internautes à ces questions. Ils ont été comme le serpent Kaa dans le Livre de la jungle qui dit « ait confiance ».

On est entrés dans l’ère de l’invisible. On capte les données de l’individu et on en fait toutes sortes d’usages sans qu’il n’en ait conscience. C’est très dur de se révolter contre ce que l’on ne perçoit pas. Ce n’est pas comme se retrouver au chômage, être expulsé de son appartement ou mis en prison : de fait, il n’y a rien de plus difficile que de se rebeller contre l’invisible.

Il faut aussi souligner la non-efficacité de cette surveillance généralisée. On voit bien que cela ne marche pas, mais l’on est prêt à éroder nos libertés pour cela.

Retrouver l’interview dans son intégralité sur le site de Libération

Cet article a été repris et publié initialement sur le site Renseignement : « Difficile de se révolter contre ce que l’on ne perçoit pas »
http://www.liberation.fr/societe/2015/04/13/renseignement-difficile-de-se-revolter-contre-ce-que-l-on-ne-percoit-pas_1240361